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La Chine a encore des efforts à faire en matière de droits des femmes

65 ans après la création de la nouvelle Chine , il est vrai que mon pays a considérablement progressé dans le domaine des droits des femmes : d’un côté, la loi assure leur accès au travail, à l’enseignement supérieur, à l’avortement; de l’autre côté, les femmes sont de plus en plus indépendantes, elles ont pour la plupart des cas le dernier mot dans leur vie. Mais, comme un peu partout dans le monde, les situations: économique, sociale, familiale, politique sont encore défavorables aux femmes.
J’aimerais d’abord citer quelques phénomènes. En premier lieu, la parité entre les sexes en matière politique est loin d’être réalisée. Les hommes dominent toujours et cette situation sans aucun doute continuera pendant longtemps. Alors, en ce sens, je crois que la Chine a beaucoup de choses à apprendre du Rwanda, là-bas, presque la moitié des postes importants sont occupés par les femmes(même s’il existe énormément de différences entre ces deux Etats). En deuxième lieu, les inégalités demeurent encore dans l’éducation. Bien que cette sorte de discrimination ait disparu dans les grandes villes, (cela est pour une grande partie dû à l’application de la politique d’enfant unique en Chine) les filles en campagne n’ont pas la même chance que les garçons dans ces domaines-là. Aujourd’hui, la proportion homme femme n’a pas atteint l’équilibre dans les universités à travers le pays. De nos jours, une petite blague court: on compte trois catégories d’êtres humains sur la planète : les hommes, les femmes, ainsi que les femmes qui ont fait des études de doctorat. Il me semble que cette plaisanterie reflète un état d’esprit chez certains Chinois: c’est plutôt les hommes qui doivent suivre les études de haut niveau, si c’est des femmes qui sont arrivées à faire cela, celles-ci sont un peu “hors du commun” (dans un sens plutôt négatif). D’ailleurs, encore un phénomène un peu mondial, même avec les mêmes qualités et compétences, une femme a moins de chance d’être recrutée, de toucher des salaires élevés, d’obtenir des promotions et d’avoir accès à la formation pour se perfectionner.
Mais d’où vient une telle situation dans l’ancien Milieu du Monde? Dans ce petit texte, je voudrais partager avec vous un petit peu de ma propre opinion.
Tout d’abord, la Chine a connu une longue histoire dans laquelle les hommes étaient largement supérieurs aux femmes. Des clichés et des stéréotypes comme “les hommes doivent s’occuper des affaires à l’extérieur de la maison alors que la place des femmes est de rester chez soi” existent encore dans certaines têtes. En plus, peut-être en raison de notre culture, les femmes au sein de mon pays, surtout dans les zones rurales, sont plus attachées à la vie familiale que leur partenaire masculin, donc, les Chinoises prennent en charge souvent plus de travaux familiaux que leur mari, donc, cela constitue un obstacle pour leur vie professionnelle. La dernière raison mais avec autant d’importance, pour les Chinoises, si elles veulent le grand bonheur, la société actuelle est de plus en plus exigeante avec elles d’un certain point de vue, on leur demande d’être à la fois une bonne mère, une bonne femme, et une vraie professionnelle.
Finalement, quelle solution? À mes yeux, ce sont les femmes qui doivent d’abord se rendre compte de ce fait défavorable et puis lutter contre les discriminations dans leur vie, surtout professionnelle. Personne ne va nous donner les droits si nous ne les demandons pas, dans ce sens, les médias devraient jouer un grand rôle. Ensuite, bien sûr, l’éducation constitue un enjeu important, il vaut mieux encourager la parité dans les universités, si nécessaire, dans la loi. Et puis, je suis persuadée vraiment que la proportion des femmes politiques devra être augmentée. En général, cela contribuera au développement des droits des femmes, dans ce domaine, le Rwanda a montré un bon exemple.

Je porte un voile, et j’ai mes droits.

Je porte un voile, et j’ai mes droits.

Suite aux discussions qu’on a eues pendant le LabCitoyen 2013 autour des sujets des droits de l’homme en général et ceux des femmes et des filles en particulier, j’ai l’impression que certains pensent que les femmes voilées sont les plus marginalisées du monde. Ici, je me permets de refuser ça car je porte un voile et en même temps j’ai tous les droits dont j’ai besoin : je fais mes études, je travaille et j’ai autant de salaire qu’un homme en Afghanistan. La pratique d’aucune religion ne pourra être contre les droits des femmes, ni la laïcité est une garantie pour les droits des femmes. Sinon, la France serait le pays où il n’y a pas d’écarts salariaux entre hommes et femmes.
Par Hossai Mohammad Anwar

Les femmes ne doivent pas être l’objet de discriminations!

Au mois de juillet 2010 l’Assemblée générale des Nations a créé l’organisation  ONU Femmes (Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes).

La création de cette organisation permet de répondre aux besoins des femmes du monde entier. Au cours des dernières décennies l`ONU a fait d`énormes progrès dans la matière de la défense de l`égalité des sexes.Comme nous le savons les femmes ont parfois des problèmes d’accès au travail et on leur refuse souvent l’accès à l’éducation.

Mais ce n’est pas seulement cela qui nous inquiète- le problème le plus grave je dirais même le problème crucial c’est celui des violences faites aux femmes. Une femme décède tous les trois jours sous les coups de son conjoint. L’an passé 148 femmes et 26 hommes sont décédés victimes de leurs compagnons. Ce chiffre est en nette hausse par rapport à 2011 (28 victimes en plus).

Ces statistiques effrayantes nous disent que la création de nouvelles organisations de défense des droits des femmes comme par exemple l’ONU femmes c’est une condition obligatoire et indéniable pour la réalisation de notre but – l’égalité des sexes et la fin de violence envers les femmes.

Si on parle de la situation en Russie, je peux dire que cette question est de plus en plus à la une car nous sommes souvent témoins des faits de violations des droits des femmes en Russie. Et depuis les années 90 dans mon pays existe une organisation qui sert à sauvegarder les droits des femmes, cette organisation s’appelle « L’Union des femmes de la Russie ». Les buts principaux de cette organisation sont :

  •  Défense des droits des femmes et le soin pour la consolidation de la famille.
  • Promouvoir l’augmentation du rôle des femmes dans la vie politique du pays.

Pour atteindre cette tâche L’union des femmes de la Russie collabore avec les partis politiques, les mouvements publics qui se prononcent pour les réformes démocratiques ainsi qu’avec les services publiques. Ça permet de coordonner les soutiens aux femmes, de défendre leurs droits, d’organiser des entreprises, d’accroître l’accès des femmes aux technologies nouvelles ainsi qu’aux crédits.

 

Par Boris Vinogradov

Cinq Minutes Restantes

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Cinq Minutes Restantes

Nesma JABER

J’ai passé mes quatre-vingts ans en rendant les photos des autres, brillantes. J’ai sincèrement fait toutes les photos lumineuses sauf une seule photo … la mienne! C’est parce que toutes les photos que j’avais brillées étaient pour des hommes mais moi … je suis une femme! Ce n’est pas la seule raison, mais, en effet, je n’ai pas de photo, sauf celle de la carte d’identité. Je ne me souviens pas que quelqu’un a pris une photo de moi. Donc, je n’ai pas une photo à accrocher à côté des autres photos.  J’ai passé deux décennies aidant ma mère à briller la photo de mon père ainsi que celles de mes frères qui passaient leur temps dans l’école mais, moi, je le passais entre quatre murs sans ni étudier ni jouer. Je regardais ma vie en train de se perdre, donc gâchée année après l’autre jusqu’à ce que mon père m’a dit que je devais aller à une nouvelle maison pour briller de nouvelles photos. Celle-ci était la maison de mon mari dans laquelle j’ai passé le reste de mes années et dans laquelle je suis devenue un serviteur pour un homme que je ne connaissais pas, un dominus! Ils ne m’ont pas demandé si je voulais bien me marier ou non … et soudain, je suis devenue une mère -sans amour et envie- de trois fils et d’une fille qui, également, sert dans la maison de son mari maintenant.

Les années ont passé, les unes après les autres, un espoir enterrant un autre. J’ai vécu ma fleur d’âge tournant autour de mon mari comme s’il était le soleil et j’étais la Terre et comme s’il a une vie et de rêves mais moi non! Je l’aidais … J’écoutais ses paroles et espoirs à la lettre … je le sentais pendant sa douleur et aussi pendant son bonheur … je lavais ses vêtements … je cuisinais tout ce qu’il aimait… je tricotais ses blousons pour qu’il n’ait pas froid!  J’ai fait tout ce qu’une femme peut pour faire briller la vie de son mari, mais qu’est-ce qu’il a fait pour moi? Rien. J’ai espéré un petit mot de lui, une main tendue ou une oreille attentive qui me permettent de me sentir vivante en vain! Et malgré toute cette négligence, j’ai continué à lui donner tout le soutien dans son travail et pour son avenir jusqu’à ce qu’il soit devenu un ingénieur connu et réussi. « Il y a toujours une femme derrière un grand homme », j’étais cette femme, mais qui était derrière moi? Personne!  Pourtant, il y a des hommes qui m’ont privée de mes  droits, tous mes droits.

J’étais également différente de la Terre parce qu’ils -les hommes- ne m’ont pas permis de tourner autour de moi-même ou de mener ma propre vie. De plus, je n’ai pas une lune tournant autour de moi. Mes lunes – mes fils -  sont partis loin de moi pour construire leurs nids et avenirs et je suis seule maintenant sans travail à faire parce qu’ils -les hommes-  m’ont privé le droit d’apprendre, de travailler et de vivre … En effet, j’étais seule toute ma vie dans cette maison sombre et assoiffée de vie. Tous partaient et je restais seule dans la maison. Les heures passaient très lentement et moi, je regardais ce mur lugubre qui porte mes souvenirs amassés,  mes années perdues et mes espoirs inachevés! Dans chaque coin, vit une histoire de moi: l’horloge  de mes tristes minutes, le calendrier de mes mois noirs. Chaque tic-tac me rappelle mes années assassinées dans cette vie.  Ce mur barre mon horizon, il est l’entrave entre moi et le monde … il m’interdit de respirer de l’air pur … Il n’a même pas de petites fenêtres par lesquelles je peux voir le ciel ou sentir l’odeur des fleurs!

J’ai vécu quatre-vingts ans, moins cinq minutes, sans un simple plaisir. Huit décennies sans choisir ou décider … 29220 jours de souffrance et négligence. J’ai peur de regarder mon visage dans le miroir parce que je ne peux pas voir ces rides. Chaque ride sur mon visage représente une année de misère, une année perdue. J’avais des pensées mais peu d’actions … mais ça suffit!

En ce moment, c’est une question de vie ou de mort pour moi … et je vais faire tout ce que je peux pour choisir la vie et bâtir mon nid. Je ne vais pas attendre le moment où quelqu’un viendrait pour changer ma vie mais je vais commencer moi-même sans le soutien des autres.  Demain est un nouveau jour à  se lever, une nouvelle année à commencer … Je vois encore une lueur d’espoir! Il ne reste que cinq minutes …  cinq minutes pour danser au clair de la lune en plein air … pour chanter les chansons de la libération … pour casser cette solitude … pour faire des amis … pour étudier et travailler … pour redessiner sur ce mur … pour accrocher une photo de toute ma famille ensemble … pour accrocher mon miroir et regarder mon visage brillant  … pour changer la vie.  Cinq minutes restantes pour rendre ma photo brillante  et commencer la vie, la belle vie.

L’évolution des droits des femmes en Azerbaïdjan

L’égalité de droits est une base fondamentale pour n’importe quelle société démocratique. Presque dans toutes les sociétés les femmes subissent des discriminations, soit dans la sphère privée soit dans la sphère publique. Les causes et les conséquences varient suivant les différences des pays, mais le fait que les femmes soient discriminés est quasi universel.

Je souhaiterai ici, vous parler de la situation des femmes en Azerbaïdjan.
Au début de XXème siècle, à l’époque des transformations globales et historiques, la République Démocratique – la première en Europe orientale. Parmi les réformes progressives passées par le gouvernement, l’une des plus essentielles était pour la première fois dans le monde Islamique, le droit de vote pour les femmes.
L’égalité des sexes existait alors à l’époque soviétique.
Après la proclamation de l’indépendance en 1991, l’Azerbaïdjan a pris le cours sur la construction de l’Etat laïque et démocratique. On a annoncé l’égalité des sexes comme étant une des taches prioritaires.
Aujourd’hui, en étant un état laïque, celui-ci s’est orienté vers des valeurs européennes et on accorde une attention spéciale à la question des droits des femmes.

Les femmes prennent part à la vie politique et sociale: elles sont représentées dans la science, la médecine, le sport et la culture. Comme toutes les femmes, elles ont une préférence pour les études supérieures poussées et la poursuite d’une activité professionnelle. Les femmes font parti intégrante de l’élite intellectuelle et elles occupent des positions dirigeantes dans le gouvernement, dans les institutions publiques et non-gouvernementales au même titre que les hommes.

De la même manière, les droits des femmes en matière de maternité et de droit à la famille sont assurés.
On peut citer comme exemple : Fatma Abdullazada et Delara Seidzada et bien sur Mehriban Aliyeva, elles occupent de hauts postes dans l’administration du président.

 

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La malédiction de naître fille en Inde

La malédiction de naître fille en Inde

L’Inde, un pays où une femme est violée chaque 20 minutes, un pays où la naissance d’une fille dans la famille est considérée comme un porte-malheur, un pays où des millions des fœtus femelles ont été tués pendant les dernières décennies (selon les enquêtes menées par la Cour Suprême de l’Inde et les Nations Unies), un pays où ¾ des femmes n’ont même pas accès à l’éducation primaire et du coup, sont illettrées.

Mais avant d’aborder la situation des femmes en Inde, il vaudrait mieux parler de la mentalité chez l’homme indien et de la fabrique sociale du pays.

Depuis des siècles, la société indienne est très patriarcale. C’est une société dominée par les hommes qui considèrent les femmes comme « l’espèce faible ». Ils ont l’impression qu’ils « possèdent » les femmes, et que les femmes doivent « obéir » aux hommes. Prenons l’exemple du mariage. D’après la pensée occidentale, le mariage est une union civile dont l’homme et la femme sont les partenaires égaux. Mais en Inde, c’est le mari qui règne sur sa femme et qui pense que le seul devoir de sa femme, c’est d’obéir aux commandes de son époux. Autant dire que la position des femmes est inférieure à celle des hommes dans le milieu social.

Le viol collectif d’une universitaire en Décembre 2012 (qui a fait nouvelle partout dans le monde) a poussé le peuple indien à réfléchir, à faire de l’introspection, à se remettre en question, et non seulement à se remettre en question, mais à remettre plusieurs choses en question. « Pourquoi nous n’aimons pas nos filles? », « Qu’est-ce qui a amené à la marchandisation des femmes dans notre société? », « Comment pourrais-je expliquer le sens du mot « viol » à ma petite fille qui n’a que 5 ans? »

Le sex-ratio, c’est-à-dire le nombre de filles pour chaque 1000 garçons est épouvantable en Inde. Dans les états de Haryana et Punjab, c’est moins de 800 filles pour 1000 garçons. Et ceci a déclenché en phénomène qui me fait froid dans le dos : celui du « partage de femme ». Disons qu’il y ait trois frères dans une famille qui cherchent à se marier. Si l’un des trois frères se marie mais les deux autres ne parviennent pas à trouver des filles à marier, les trois frères violent et partagent l’épouse du premier frère! À cause de cela, on a constaté une forte croissance des taux de viol dans les mariages.

Mais où se trouve la loi parmi tout cela ? Après le viol collectif de Décembre 2012, une centaine de policiers ont été interrogés d’une manière clandestine avec des caméras cachées, sur ce qu’ils pensaient de ce viol. Qu’est-ce que la plupart d’entre eux ont répondu? Ils ont dit que la fille « demandait » à être violée parce qu’elle avait une tenue « provocante »… Eh bien, de quelle loi parle-t-on quand ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre pensent de cette manière?

Bien évidemment, il y a la marchandisation des femmes et le traitement des femmes comme des « biens ».

Malgré tout cela, il y a un rayon d’espoir. Des millions de jeunes garçons et de jeunes filles, les universitaires, les représentants des ONG qui ont manifesté devant le siège du pouvoir de l’Inde montrent que les gens et surtout la jeunesse, ne supportent pas cette attitude vis-à-vis des femmes.

Toutes ces manifestations ont forcé le gouvernement à réagir. Une loi vient d’être ratifiée au Parlement qui vise à protéger les filles en Inde et à leur donner un sens de sécurité.

Après tout, dans un pays de plus d’un milliard de gens, comment parviendrez-vous à changer la mentalité de tous ses hommes…?