Le virus de la discrimination

Nous savons bien qu’être discriminé ne nous empêche point de discriminer autrui. Lors d’une des conférences du programme Labcitoyen, Benjamin Abtan, Président de l’EGAM, citait notamment le cas des Turcs souvent discriminés en Allemagne, en même temps que le peuple Kurde subit des discriminations majeures en Turquie. De la même manière, l’un de mes amis qui a peur des coups de poings dans sa vie quotidienne à cause de son statut d’immigré, s’engage pourtant dans un discours discriminatoire vis-à-vis des homosexuels. Son explication simpliste et ignorante, ‘une maladie’, pour justifier son discours, ressemble ironiquement au vocabulaire des ses propres agresseurs.
Tout de même,  en tant qu’étudiante d’un pays réputé pour son système éducatif (la Finlande), je peux me permettre de dire que la discrimination n’est pas seulement une question d’éducation. J’ai observé des attitudes discriminatoires chez les étudiants de sciences humaines vis-à-vis des étudiants en commerce. Encore pour une fois, l’ironie de la situation est presque palpable.
Ainsi, la réponse aux discriminations n’est pas celle qui est trop souvent déclarée comme toute puissante: l’éducation. Ce mot magique qui encourage des réactions enthousiastes a souvent peu de contenu. Que veut dire cette « éducation » non-définie? Rien, et encore moins au sujet des discriminations. Encore aujourd’hui la discrimination est un thème complètement ignoré dans beaucoup de pays et notamment l’homosexualité demeure un tabou dans des sociétés entières.
On sait bien que le mécanisme principal derrière la discrimination est la distinction entre soi et l’autre. Il semble que l’une des choses les plus difficiles pour un être humain est de se mettre à la place de l’autre, même si on a personnellement subi une discrimination. Le sentiment de cette différence entre soi et l’autre est donc extrêmement puissant avec des conséquences sur la conception de l’humanité. C’est ici que l’éducation doit se faire. L’éducation doit permettre de relativiser et d’exercer un esprit critique. L’éducation doit promouvoir l’acceptation de l’autre dans toutes ses dimensions religieuses, politiques, ethniques, sexuelles qui ne nuisent à personne, par des moyens concrets. Cela se fait par un dialogue franc et ouvert sur les différences, qui combat l’ignorance pure des faits scientifiques, mais nous encourage également à réfléchir sur ce qui est humain dans un sens plus général.

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