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Des noms

Je vois des noms. Est-ce que c’est une chose impressionnante ? Tout le monde a un nom et bon, c’est une liste. Je commence à m’imaginer des visages, car ce ne sont pas seulement des noms, ce sont des hommes. Dans ma tête je vois des visages vieux et des visages jeunes, des visages souriants et des visages tristes. Je vois des femmes et des hommes, des enfants. Je vois des expressions sévères et je vois des souris légères. Je vois des cheveux longs, des cheveux courts, des femmes petites et des hommes grands. Je vois des yeux bleus et des yeux bruns, des yeux brillants, des yeux fatigués.

Ce sont seulement des noms. Mais chaque nom a une histoire. Je vois des nouveaux-nés à l’hôpital qui commencent leurs vie. Les parents souriants, la mère fatiguée mais plus contente que jamais. Je vois des histoires d’amour, des jeunes filles regardant par la fenêtre et rêvant pendant toute la nuit. Je vois des enfants jouant dans la rue et les mères qui demandent s’ils ont déjà préparé leurs devoirs pour l’école. J’écoute les disputes entre un couple, la femme criant, l’homme presque hurlant. J’écoute des chansons douces chantées par une femme, une chanson qui parle de la vie et de toutes les beautés que notre monde offre. J’écoute des rires éclatants des amis qui se rencontrent dans un restaurant.

Ce sont seulement des noms. Mais chaque nom a des espoirs et des rêves. Je vois des jeunes qui entrent l’université pensant qu’ils vont changer le monde. Je vois des parents fiers qui écoutent leur enfant qui lit le journal à voix haute pour la première fois. Je vois un couple qui s’est marié juste ce moment-là.

Ce sont des noms. Mais chaque nom signifie une vie, un rêve, une histoire. Je lis les noms des hommes et femmes et enfants qui étaient des victimes de la Shoah.

On me raconte l’histoire horrible. C’est l’histoire de mon pays, de l’Allemagne, ce sont les crimes commis par nos ancêtres.  Ces noms, ces hommes, ces individus étaient détruits par l’inhumanité des hommes qui s’imaginaient qu’ils étaient mieux. Les hommes qui ont oublié que chaque personne a sa dignité, ses droits. Pour eux, ces hommes étaient des numéros. Dans les camps de concentration on n’a plus le droit d’avoir un nom, d’avoir une identité. On leur volait tout ce qu’ils leurs restaient.

C’est horrible, incroyable et j’aimerais bien penser que ce ne pouvaient pas être réalité. Mais rien ne peut changer la liste des noms. La liste des rêves qui ne se réalisaient jamais. Personne ne peut plus donner la vie à ces gens qui méritaient une vie mieux. Le passé reste douloureux.

Ce qui nous reste c’est la mémoire. Et on en a besoin pour une future où tout le monde a la possibilité de vivre son rêve. Je regarde les noms et je veux garder ce souvenir pour toujours dans mon coeur.

L’état des droits de l’Homme dans la Tunisie révolutionnaire :

Après la Révolution du 14 Janvier 2011, la Tunisie a connu une phase critique et nouvelle dans son histoire.

Une révolution connue sous le nom de la « Révolution du Jasmin » qui a fait appel à la liberté, la dignité, les valeurs humaines, l’égalité…

Tout en sachant que la Tunisie contient une population de 11 millions de personnes dont une population musulmane majoritaire par 93%, puis 4% de juifs, 1,7% chrétiens et autres.

En cette phase de transition, les attaques et actes de violence envers ces minorités religieuses ont augmenté en un temps bref.

Les médias, les manuels scolaires d’histoire dès l’école primaire mettent de l’ombre sur ces minorités religieuses et n’abordent jamais un sujet qui les concernant et ne disent pas concrètement l’apport culturel et historique de ces minorités dans l’histoire et l’identité tunisienne  et qui sont essentiellement des êtres humains et des citoyens.

Cette ignorance de l’histoire et l’exclusion d’un groupe de citoyens basée sur leurs différences religieuses a contribué à l’augmentation des discriminations,  des violences et des préjugés au sein de la société tunisienne tout simplement parce que le peuple ignore l’existence d’autres citoyens de religion différente de celle de la majorité.

 

Ce climat pesant a conduit à plusieurs agressions envers les minorités :

 

Le dimanche 25                Mars 2012, l’église orthodoxe à Tunis a été attaquée suite à l’appel lancé par les salafistes  lors d’une manifestation. L’individu s’est attaqué à l’église orthodoxe et a masqué les croix avec des sacs en plastique, pour protester contre la présence en Tunisie de tout autres symboles  religieux.

 

On y a vu notamment une incitation à la haine lors d’un prêche dans la mosquée pendant la prière  du vendredi appelant à un génocide divin des juifs. Tout en sachant que cette prière est passée en direct le 30 novembre donc on peut en déduire les conséquences désastreuses sur la mentalité des jeunes et  essentiellement les adolescents.

 

La haine antisémite s’est manifestée lâchement dans un cimetière juif au nord-ouest de la Tunisie : une dizaine de tombes de juives ont été profanées.

Le cimetière juif du Kef a été ravagé le lundi 4 février par des fanatiques qui sont venus commettre des actes ignobles et révoltants, contraires à toutes les valeurs éthiques.

 

Le jour où j’ai reçu le message provenant du Labcitoyen  j’ai été impressionnée par le concept.

Aller à la rencontre d’une jeunesse venant des quatre coins du monde, 70 pays représentés, plusieurs cultures, traditions, confessions unis grâce à la langue française sous le thème de la francophonie et des droits de l’Homme en 21 siècles.

Ceci montre que grâce à une langue, on a oublié nos différences et on a laissé place à la communication, l’interaction, la curiosité, l’apprentissage…

Cela m’a poussé à dire que peu importe d’où on vient on est tous des humains cadrés  par l’universalité des droits de l’Homme.